Oct 30, 2007

réflexions sur la danse des non danseurs

Le collectif Rabbit Research ne se compose pas uniquement de danseurs qui ont en fait leur métier, mais aussi de ceux qui aiment regarder la danse, la pratiquer ou y réfléchir.
Comment concevoir ces petites danses quotidiennes? En fin de compte nous sommes tous danseurs, dans notre âme et dans notre corps, même si nous ne maîtrisons guère la complexité de la pratique, les mouvements de souplesse, etc.
Sans vouloir écrire une histoire de la danse et sans vouloir imposer une réflexion trop scientifique, essayons d'observer ces "petites dans de la vie quotidienne".

La danse du ménage. Malheureux ce travail domestique entre repassage et poussière à enlever, mais on peut souvent y trouver des fabuleux danseurs de ménage, avec leur partenaire: l'aspirateur. Le petit swing dans l'oreille, la maison devient un espace d'improvisation entre les objets de la vie quotidienne et le sujet de ménage. Klack ici, Klack encore, on n'entend plus le bruit de l'aspirateur, de la machine à laver ou du lave-vaisselle, mais uniquement le son de la chaîne hifi.
Libérée de toute contrainte, le canapé, la table et le parquet ou le tapis deviennent le public d'une éternelle danse enchantée et remplie de joie.
Le matin dans le bus, entre les lecteurs de la presse gratuite et les fanatiques d'envoi de sms on peut apercevoir ces étoiles de la nuit, le lecteur mp3 ou cd dans la main. Un petit sourire ou un regard triste, un léger mouvement des pieds ou des jambes nous révèlent l'existence d'une danse dans l'espace public, un peu cachée et hesitante, presque virtuelle, mais la prédominance d'une musique silencieuse pour nous est tellement tremblante et vivante que l'on souhaite créer une danse matinale plus expressive le matin (ou le soir) dans le bus.
La pression augmente, envahit l'esprit et ce stress, maladie du siècle, semble devenir l'insupportable accompagnateur de nos rêves et de notre corps.
Puis, quand on a le temps, on sort. L'apprentissage venu de l'entraînement avec l'aspirateur et/ou issu de l'imagination matinale dans le bus deviennent le potentiel d'une expression en mouvement de chaos, de petites finesse et de relâchement de sens: la sortie de nuit. Les uns utilisent les battements du corps pour attirer les autres corps et essaient de rendre visible la passion érotique qui dort en eux afin de se sentir regardé et afin de provoquer l'épanouissement des hormones de l'entourage. Les autres hésitent, n'osent pas, ont besoin de boire un coup avant de se lancer, ils ne trouvent pas le rythme et malgré ces dissonances entre réalité musicale et transformation corporelle, le corps essaie de parler par l'intermédiaire de la danse. Puis encore d'autres préfèrent juste laisser bouger leurs têtes, le headbanging du hard heavy metal rock et oublient le fonctionnement de leur neurones. Puis il y a ceux, encore d'autres, qui n'attendent que cela, la libération du stock d'énergie accumulée depuis des jours, semaines ou mois: la musique les enchante, entre dans les organes, le cerveau, fait trembler le coeur et les transporte dans un monde où on peut oublier la vie, les soucis. Ils se laissent aller, ressentent la musique et la danse comme une expression profonde, joie hédoniste et ne font des pauses que pour soulager les petits désirs. Quoi qu'il en soit. La danse est dans nous tous. Elle peut être sérieuse, réfléchie, chaotique, joyeuse, triste, lente, rapide, dense, monotone, complexe, divertissante, explosante, formée ou quoi d'autre... Elle nous emporte, nous porte et nous la portons en nous.
(texte: K.N.)

2 comments:

Daniela said...

oui, oui, je connais les danseurs avec l'aspirateur... Pendant les années 70, l'experience autobiographique était une vraie méthode scientifique. Peut-être qu'on pourrait la remobiliser.
Kussi

nikaly said...

cela serait bien... ah oui